Le Bicentenaire

Poèmes de ma PailloteLe Bicentenaire

Qui se souvient du fabuleux 14 Juillet 1989 ? La France entière fêtait le bicentenaire de la Révolution. Le défilé sur les Champs Elysées avait été magique avec les invités de la France : Les Italiens, la Chine, l’Afrique dont le Maghreb et la Côte d’Ivoire, les Soviétiques, les Britanniques et tous les autres !

Lorsque de la voix de la diva noire jaillit la Marseillaise, je ne pus contenir mon émotion. J’étais à Abidjan et me sentais très solidaire de la France malgré mon éloignement.

C’est alors que j’ai écrit mon poème Le Bicentenaire :

Hier, la France fêtait le bicentenaire
D’un événement qui marqua la terre entière
Et fut le départ de la Révolution
Dont je vous ferai plus tard la narration.


Mais venez dans la plus belle avenue du monde
Nous sommes sur les Champs Elysées. La nuit tombe
Paris offre un spectacle à tous ses invités
Qui sont dans la parade fort représentés.


Ecoutez !… De l’Arc de Triomphe un bruit bourdonne
Il s’enfle. Gronde. On dirait que l’Avenue tonne
C’est le plus saisissant roulement de tambours
Jamais entendu, me semble-t-il, de nos jours.


Les batteurs, une faible lampe à leur visière
Le drapeau français à l’épaule, en bandoulière
Glissent dans la pénombre en un tapis roulant
Fiers de représenter la patrie dignement.


Viennent les Italiens qui ouvrent la parade
Ils dansent et jonglent avec art et bravade
Leurs fanions voltigent, prouvant leur talent
Nous avons un faible pour eux, assurément.


Puis la Chine, particulièrement présente
Avec son tambour muet qu’un souvenir hante
Défile dans un silence impressionnant
Pour témoigner de sa tristesse du moment.


Et voilà ! C’est maintenant le tour de l’Afrique
Qui danse et chante aux rythmes de notre musique
C’est le plus inattendu, le plus endiablé
Le plus drôle aussi des tableaux du défilé.


Sur un grand escalier, Doudou, le chef, s’agite
Des femmes en boubou se déhanchent. Un rite !
Et les batteuses guinéennes aux seins nus

Époustouflent les chers parisiens tout émus.


Entrez dans la danse. Voyez comme on danse
Avec leur jupe d’énorme circonférence
Les valseuses maghrébines vont lentement
Enlaçant un cavalier qui n’est qu’un enfant.


Viennent la patinoire des Soviétiques
Les bus et le ballet
Atchoum des britanniques
La locomotive avec ses tambourineurs
Enfin, la
Florida Marching Band des honneurs.


Et voilà que la foule envahit l’Avenue
Tout le monde crie, applaudit dans la cohue
Le ballet des feux d’artifices est dans le ciel
C’est l’apothéose d’une nuit sans pareil.

Mais l’instant le plus émouvant de la soirée
- Votre pauvre Mamie en fut bouleversée -
C’est lorsque de la voix d’une noire diva
Jaillit notre hymne qu’en silence on écouta !

Ah ! Mes petits-enfants, quel bel anniversaire !
De la France je me sentais très solidaire
Mais j’ai omis de parler d’un fait amusant
Qui est aussi, à nos yeux, tout à fait charmant.

Figurez-vous, et cela n’a rien d’un miracle
Qu’en prêtant bien notre oreille dans le cénacle
On pouvait entendre un petit homme africain
Avouer à son hôte sur un ton badin :

Mes sorciers réunis ont fait le nécessaire

- Et en cela je ne souhaitais que vous plaire –

Pour que le beau temps marque vos festivités

Je suis heureux que de loin ils nous aient comblés.


Là, votre Mamie a retrouvé son sourire
Grâce à la magie africaine et je puis dire
Que cette fête de la Révolution
Marquera des points sur la ségrégation.

86 ANS DE SOUVENIRS

Je suis une grand-mère sans petits- enfants mais grâce aux nouvelles technologies je peux m’adresser à tous les jeunes du monde entier.

Je souris en pensant à ma maladresse quand, à 18/20 ans, j’ai pris le combiné du téléphone pour la première fois. Evidemment je mettais à l’oreille ce que j’aurais dû mettre à la bouche !... Dans mon enfance j’ai écouté la radio avec les écouteurs et j’ai connu les postes à galène. Je me revois par ailleurs courant dans le jardin avec mon frère en faisant des signes au pilote d’un avion qui nous répondait d’un geste de la main et nous criions : un aéroplane ! Un aéroplane ! Que de progrès en à peine un siècle !

Lorsque j’ai su écrire, j’utilisais un porte-plume auquel était adaptée une plume sergent-major que je trempais dans un encrier d’encre violette. Je plaçais sous ma main gauche un buvard qui faisait de la publicité pour du cirage « Au Lion noir » ou pour les savonnettes du « Bébé cadum ».

Plus tard, j’ai mis au propre mes manuscrits sur ma petite machine à écrire portative mais lorsqu’il m’arrivait de modifier encore une phrase, il me fallait enlever la page et tout retaper le texte. Par ailleurs, lorsque j’avais besoin de plusieurs exemplaires, intercaler les carbones était un vrai pensum.

Par la suite, j’eus recours aux stencils. C’était un progrès en ce sens que je pouvais obtenir un nombre d’exemplaires plus important mais là encore quelles nuisances ! Ces stencils étaient constitués d’un papier imprégné d’une matière spéciale sur lequel on inscrivait un texte à la machine à écrire sans son ruban. Si un mot ou un passage était erroné il fallait utiliser du corrector qui bouchait les perforations du stencil et retaper par-dessus les mots convenables. Le corrector était de couleur rouge semblable à un vernis à ongles.

Le stencil au point, on le plaçait avec beaucoup de précautions sur un appareil « Gestner » ou « Réonéo » muni d’un rouleau qu’il fallait encrer et d’une plaque de métal avec des tétons correspondant à l’en-tête du support en carton du stencil perforé en conséquence. Si par malheur le stencil était froissé sur le rouleau à la suite d’une fausse manœuvre, alors la froissure apparaissait sur le tirage !

J’en étais là de mes progrès quand, pour la première fois de ma vie, j’entendis parler de l’informatique et voici comment : j’avais pour habitude d’accompagner mon mari à la Foire internationale de matériel d’imprimerie « La Drupa » qui se tient tous les cinq ans à Düsseldorf. Cette année-là, il s’agissait d’une même foire, le « Print » à chicage. Nous étions en 1988. Or, je ne voulais pas quitter l’Amérique sans aller en Floride visiter le Walt-Disney World à Orlando. J’ai du reste toujours conservé mon ticket d’entrée.

A la fin de la visite, comme nous demandions comment pouvaient fonctionner toutes les marionnettes des pièces présentées étant donné qu’aucune ficelle n’était perceptible, un guide nous fit visiter la salle de l’informatique dans laquelle d’énormes appareils commandaient ces marionnettes.

J’avais été si impressionnée qu’en rentrant à la maison j’ai écrit « Mamie de retour de l’Olympe » qui a sa place dans mon recueil « Poèmes de ma paillote ».

Depuis un certain temps je m’étais équipée d’une machine électrique à boules que je changeais lorsque je voulais changer de caractères. C’était certes un progrès mais cela ne résolvait toujours pas mon problème de tirage. Le nombre d’exemplaires que je souhaitais était trop faible pour l’imprimerie et trop important pour ma machine à écrire.

Je m’en tenais donc, bon gré mal gré, aux tirages ronéotypés !

Enfin, lorsque les premiers ordinateurs furent accessibles, mes enfants Richard et Marion, suivirent l’évolution de l’imprimerie par ce procédé. Ils m’incitèrent alors à délaisser ma machine à écrire pour un mac SE encore bien imposant par rapport aux Mac d’aujourd’hui.

J’avoue qu’il m’a fallu beaucoup de patience et de persévérance pour m’adapter mais quand je réalisai que je pouvais changer de caractères à volonté, de corps de ces caractères, faire disparaître tout un paragraphe et de le remplacer instantanément au moyen du « copier-coller », sortir les petits tirages dont j’avais besoin sans me retrouver avec les mains barbouillées d’encre, j’ai revendu ma belle machine à écrire électrique sans le moindre regret.

Il m’arrive souvent de penser aux immenses possibilités des ordinateurs qui peuvent nous conduire sur la lune ou dans les profondeurs du cerveau humain grâce aux données de nos grands savants.

Quant à moi, j’ai tout simplement suivi avec une grande application les conseils professionnels de mes deux enfants et c’est ainsi, mes chers amis internautes, que vous pouvez maintenant :

Lire Marinette sur le Net !

PLAIDOYER POUR LES SENIORS

Pardonnez-moi de vous le dire moi-même mais le trait dominant de mon caractère, c’est qu’il est en or. C’est ce que disent les Français en général. Les Canadiens, eux, m’attribuent une autre expression, très poétique, pour le qualifier. Ils prétendent que c’est de la soie ! Pourtant, je peux vous avouer que le côté rugueux de ce caractère si doux est amené parfois à faire surface ainsi que vous pourrez vous en rendre compte d’après ce qui suit :

Il y a quelques décennies de cela, c’est ainsi que je mesure le temps maintenant, j’étais déjà une vieille mamie. Afin de percevoir à Abidjan ma retraite du gouvernement français, je devais me présenter chaque année au consulat pour remplir un formulaire attestant que j’étais encore bien en vie. Normal.

Je m’adresse donc dans ce but à l’employée affectée à ce service, en l’occurrence une Martiniquaise, qui me demande une pièce d’identité. J’étais accompagnée de ma fille. Je lui présente mon livret de famille dont la couverture est ainsi libellée :

« Gouvernement général de l’Afrique Occidentale Française

Territoire de la Côte d’Ivoire

Cercle d’Abidjan »

L’employée lit attentivement l’inscription de la couverture, tourne et retourne le livret dans ses mains pour finalement déclarer à ma fille qu’il n’était pas valable. Evidemment il m’avait été remis bien avant l’Indépendance de la Côte d’Ivoire et la couverture devait différer de celles plus récentes dont elle avait l’habitude.

Je réfutais donc ses arguments mais elle me couvrait la voix en s’adressant toujours à ma fille Marion. Pour elle, j’étais tout simplement dépassée, hors course, hors service et je n’avais plus mon mot à dire, plus voix au chapitre.

Finalement, elle se range aux explications de Marion et, s’excusant auprès d’elle, elle me présente son formulaire à signer en le poussant devant moi avec énervement. Marion l’avait enfin convaincue que j’avais raison. Je restai calme et la saluai poliment en la quittant. Toujours s’adressant à ma fille elle la gratifia d’un sourire particulièrement aimable en lui disant au revoir. Quant à moi, elle m’ignora !

J’étais donc un peu sur les nerfs mais m’en fis pas état auprès de Marion et poursuivis mon autre démarche qui consistait à renouveler mon passeport. La préposée à cette fonction était dans une bulle de verre dont l’ouverture m’obligeait à passer une partie de ma tête vers l’intérieur. Cette femme avait un visage rébarbatif et m’écoutait en fronçant exagérément les sourcils. Visiblement, je la dérangeais.

Là encore elle me fit remplir un formulaire et à chaque question que je luis posais, elle passait sa tête sur le comptoir en se tordant le cou puisque, lui faisant face, je la gênais et répondait à ma fille.

C’en était trop. Sans aucune explication je me dirigeai, du plus vite que je pouvais encore le faire, devant la porte du bureau du consul. Il fut un peu surpris de ma visite intempestive, me fit asseoir très aimablement et m’écouta avec un certain intérêt. Finalement, il m’accompagna et expliqua à l’employée concernée que de mon temps, la qualité majeure des Français était la courtoisie et qu’il entendait qu’il en soit toujours ainsi dans son consulat.

L’employée s’excusa auprès de moi. Je lui souris gentiment et nous avons entretenu par la suite les meilleures relations du monde.

Je pose la question : Est-ce qu’une mamie retombe forcément en enfance parce qu’elle perd ses forces physiques ? A cette question je réponds ceci : J’ai 86 ans et pour éditer mes livres actuellement sur mon site www.lire-marinette-secco.com j’ai travaillé durant des mois de 15 à 20/21 heures tous les jours, dimanches compris et maintenant que je pensais souffler un peu, il me faut écrire, écrire encore et encore écrire pour leur promotion !

Par ailleurs je viens d’entreprendre la biographie d’un être exceptionnel qui a connu ses heures de gloire tant à Abidjan qu’à Paris.

Une confidence : c’est le travail qui maintient la jeunesse d’esprit et un clic de mes internautes sur mon site sera ma récompense !

Livret

De découverte en découverte

Aujourd’hui 19 Août 2007 j’ai fait visiter une merveille du Languedoc-Roussillon où j’habite à une amie de très longue date de Côte d’Ivoire : Saint-Guilhem-le-Désert. Un petit village médiéval où j’ai pris quelques vues pour vous les montrer.

L’Hérault est plein de ces merveilles dont Agde, à 5 kms de la maison, avec une église du Ve siècle et des remparts édifiés au VI e siècle avant notre ère par les colonisateurs grecs qui ont fondé la cité.

Ce qualificatif de « Colonisateurs » m’amène à vous conter une histoire que j’ai rappelée à mon amie : C’était bien avant les indépendances.

Un week-end, nos maris avaient projeté une partie de chasse et de nous emmener avec eux. Or, vers la fin de l’après-midi, comme nous étions fatiguées, les hommes décident de nous laisser sur la plage où ils viendraient nous rechercher dans une heure environ. Trois heures s’étaient écoulées et nous étions toujours seules ! La nuit tombée était noire : Le ressac nous obligeait à reculer vers la forêt derrière nous. Aucun bruit en dehors de celui des vagues, du cri des singes, du claquement de bec des Toucans. L’esprit aux aguets nous sursautions continuellement. Nous n’étions pas rassurées. Tout à coup, un noir au visage barbouillé de kaolin, nu, un ablacon en guise de cache-sexe, sorti dont on ne savait d’où, se campa devant nous, l’air inquiétant. Il parlait une langue vernaculaire que nous ne comprenions pas. Enervé de notre silence il disparut tel un fantôme mais quelques instants plus tard, un tam-tam se fit entendre au loin. Puis un autre, plus rapproché. Puis d’autres encore plus sonores, plus rythmés, plus agités se mirent à résonner si fort que nous devenions alors complètement figées, tétanisées par la peur.

Et nos hommes qui n’arrivaient pas !

Finalement, des dizaines, des vingtaines d’autochtones sortirent de la forêt en jupette de paille et grelots aux chevilles, avec tam-tams, tambourins et petites cymbales de cuivre. Ils se mirent à danser sur la plage avec frénésie. Cela nous rassura un peu sur le moment mais ils nous entourèrent, allumèrent un grand feu et entonnèrent une mélopée bizarre qui nous effraya carrément. Nous nous regardions, exprimant du regard notre envie de fuir. Mais comment ? De quel côté ? Par où ?

C’est la voix dominante de mon mari qui nous apporta la réponse : Nos hommes riaient. Heureux de leur journée, ils se dirigeaient vers les danseurs en leur distribuant le produit de leur chasse pour les remercier d’avoir organisé cette petite fête en notre honneur !

Intermède

Il me revient en mémoire une anecdote assez cocasse au sujet d’un de mes livres édité il y a quelques années.

En provenance d’Afrique, j’étais de passage à Paris, hébergée pour quelques jours chez mon père qui habitait rue de Richelieu près de la Comédie Française.

Un après-midi, alors que je flânais sur les quais, je me mis à farfouiller dans les présentoirs des boutiques de livres qui longeaient la Seine.

Tout à coup, une couverture attira mon attention. C’était celle de mon éditeur. Il s’agissait de mon livre « La case de l’or ». Première émotion : Comment, diable, mon livre était-il donc sur les quais ?

Lorsque je l’ouvris à la page de garde, je lus la dédicace que j’avais écrite pour mon père lorsque je lui avais offert ce livre. Je la transcris ici :

« A vous, mon cher père, qui le fûtes si peu, mais qui me chantiez le soir avant de m’endormir dans ma tendre enfance : Un jour je fis une chanson / Une chanson pour Marinette / Les vers avaient bonne façon / La musique en fût bientôt faite.

Je ne l’ai jamais oubliée… »

Vous imaginez ma seconde émotion, si forte celle-là que c’est avec des tremblements dans la voix que je demandai au boutiquier comment il s’était procuré mon livre.

- C’est une vieille femme, me répondit-il, qui vient de temps en temps me vendre trois ou quatre livres.

J’étais atterrée. C’était donc Marie, la vieille femme de ménage de mon père que je connaissais depuis des lustres qui lui vidait peu à peu sa bibliothèque pour se faire quelque argent !

Je rachetai donc mon livre en raison de la dédicace et le replaçai sur l’un des nombreux rayonnages de l’appartement.

Comme j’aimais bien cette vielle Marie, son activité commerciale demeura notre secret à toutes deux, à condition toutefois, lui avais-je dit, de cesser immédiatement son « entreprise, » totalement dans l’illégalité !

vendredi 26 juin 2009

Michael Jackson victime de l’esclavage

Je viens d’apprendre, comme tous les spectateurs du monde entier, le décès de l’artiste et j’en éprouve une certaine mélancolie.

Je cherche à comprendre d’où me vient ce sentiment de vague tristesse que je n’arrive pas à maîtriser. Certes, sans m’assimiler à ses fans, j’avais une très grande admiration, non pour la musique pop qu’il incarnait et qui me dépasse, mais pour son immense talent de danseur de comédien et de chanteur.

En le regardant jouer, une question récurrente me venait alors à l’esprit : Pourquoi, pourquoi cette métamorphose d’un corps noir en corps blanc ?

Je n’ai jamais eu de réponse à cette question. C’était, j’imagine son jardin secret tout comme le monde magique des enfants en était un autre.

Quelles tortures morales l’ont-elles poussé à accepter les souffrances physiques qu’il s’était imposées, au point de devoir les atténuer au prix de cette mort brutale ?

Je dirais qu’il est mort, bien jeune encore, victime de l’esclavage d’un corps qu’il rejetait, qu’il n’admettait plus tel que son héritage génétique lui avait légué.

Pourtant, enfant, on l’aimait déjà pour son talent naissant son extraordinaire dynamisme, sa frimousse noir si expressive.

Plus tard, bel adolescent noir, il faisait déjà tourner les têtes de millions de jeunes qui auraient voulu lui ressembler.

Au fur et à mesure des années il s’est imposé par un talent qui lui valut un succès grandissant, considérable, immense, unique.

Il emporte son secret avec lui mais en revoyant certaines de ses images elles m’apparaissent telles celles d’un pauvre petit Bambi qui laisse échapper quelques larmes de ses yeux tristes.

C’est certainement de cette façon de le voir que provient ma réelle mélancolie.

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Les Africains noirs avec lesquels j’ai partagé tant d’années de ma vie, disent en lieu d’oraison funèbre : « Dieu a donné, Dieu a repris, que la terre te soit légère ! »

Je me joins à eux et j’ajoute : va, Michael, va rejoindre le monde candide et enchanteur dont tu as été privé dans ta petite enfance au profit de ton prodigieux talent. Va, Bambi, dans ce royaume de félicité où les cœurs sont tous semblables et ne peinent jamais !

dimanche 3 août 2008

Radovan Karadzic, criminel de guerre

Radovan Karadzic, Yougoslave Serbe, arrêté le 22 Juillet 2008 vient d’être transféré, ce 31 Juillet à La Haye pour y être jugé comme l’ont été les criminels nazis de la dernière guerre mondiale au procès de Nuremberg en 1945 – 1946.

Quand on a un aperçu du règne d’alors des milices en Bosnie, qu’il s’agisse des « Tigres serbes », des « Aigles blancs » croates, ou des milices musulmanes de Stup, on se dit que la nature de l’homme n’a pas évolué. L’homme demeure un sauvage !

Ma fille, qui avait épousé un pilote de ligne yougoslave Serbe, a vécu à Belgrade de 1987 à 1994. Elle a donc subi cette guerre et consignait dans son journal les événements saillants de l’époque. J’en ai fait un livre « La Française de Belgrade » duquel je relève quelques points d’ombre tels que :

Jeudi 8 Avril 1992 : La télé a annoncé la mobilisation générale pour tous les hommes de dix-sept à soixante ans.

- Quelle guerre, Mariana ? Quels ennemis ? Ne cessait de répéter Zoran.

Le mari de ma fille refuse de se battre sans savoir pourquoi il devrait le faire et « Contre qui, mon Dieu ! Je suis né à Zagreb en Croatie mais je suis Serbe parce que mon père était Serbe. Quant à la famille de ma mère, ils sont tous d’Herzégovine, de Sarajevo et de villages d’alentour. Ma mère est née à Mostar. J’ai des oncles, tantes, cousins tant en Croatie qu’en Serbie et je compte de très bons amis en Bosnie parmi les Musulmans souvent très artistes.

Et on voudrait que j’aille me battre contre ma propre famille, mes amis, mes voisins de palier peut-être ? »

29 Septembre 1993 : « Je relève, toujours dans un journal de l’étranger, un article plein de haine pour les sales Serbes.

Je suis peinée pour Zoran de l’injustice d’un tel opprobre, d’un tel anathème systématique contre tous les Serbes. Je n’ai plus le courage ni le cœur à poursuivre mon journal. Je l’abandonne au chœur du monde extérieur duquel sortira peut-être un jour des sons nouveaux ».

Je serai attentive à ce procès de La Haye en souhaitant que Justice soit rendue au nom de toutes les victimes de cette horrible guerre.

samedi 26 juillet 2008

Fête nationale ivoirienne

A l’approche de la fête nationale ivoirienne le 7 Août 2008, j’ai une pensée pour ce pays où j’ai passé tant d’années heureuses

La Côte d’Ivoire faisait partie de l’A.O.F., l’Afrique Occidentale Française quand, en 1958, le Président René Coty chargea le général de Gaulle de présenter à nos différentes colonies une nouvelle Constitution de la France qui envisageait une forme différente de rapports entre la Métropole et les territoires d’Outre-mer.

Tous les pays concernés de l’A.O.F. furent favorables à cette proposition sauf la Guinée-Conakry avec Sékou Touré.

Bien entendu, cette nouvelle forme de rapports ne pouvait que précipiter les indépendances, en l’occurrence celle de la Côte d’Ivoire qui eut lieu le 7 Août 1960.

Le Président Houphouët-Boigny, toujours dans le gouvernement français en 1959, fut élu premier Président de la République de Côte d’Ivoire le 28 Novembre 1960 avec 98,7 % des voix pour conduire son pays encore sous-développé vers un pays en voie de développement.

« Salut ô terre d’espérance / Pays de l’hospitalité / Tes légions remplies de vaillance / Ont relevé ta dignité. »

C’est le premier couplet de l’Abidjanaise, l’hymne national ivoirien.

Tous nos meilleurs vœux à la Côte d’Ivoire !

mercredi 23 juillet 2008

Post-scriptum de l’auteur, à propos des coupeurs de langues

Mes lecteurs me posent souvent la question : « Pourquoi les coupeurs de langues ? »

Lorsque j’ai écrit ce livre, je n’ai jamais eu l’intention d’écrire un livre sur un sujet déterminé. Non. J’ai écrit une histoire qui reposait inconsciemment sur des faits réels de l’époque.

Par exemple, les journaux parlaient beaucoup de trafic de drogue. Abidjan était parait-il une plaque tournante dans ce domaine. Je lisais ces articles sans plus m’y attarder, ces questions étant tellement éloignées de moi !

Parallèlement à cela, une autre question alimentait de façon récurrente le journal de l’époque. C’était celle de la sorcellerie qui offrait des sacrifices humains à l’océan en colère dans la période des grands équinoxes. On trouvait des enfants morts sur la plage amputés d’une langue, d’une oreille ou d’un cœur. Parfois, c’étaient des adultes qui disparaissaient pour calmer les dieux de la mer ou encore pour obtenir leurs faveurs.

C’est sans doute de ces actualités que j’ai pris le prétexte de telles croyances dans les dieux de la mer, encore bien ancrées dans les esprits de l’époque, pour servir le trafic de drogue qui préoccupait non moins les esprits éclairés de ce temps-là.

C’est donc certainement après analyse de mon histoire dont j’étais si imprégnée que je lui ai donné le titre de mon livre. Vous en avez maintenant l’explication.

mercredi 16 juillet 2008

Le Sommet de la Méditerranée

Lorsqu’il a été annoncé à la télévision pour le dimanche 13 Juillet 2008, j’ai tout de suite fait le rapprochement entre un certain pays de la Méditerranée et l’Europe.

Pourtant, ce rapprochement n’avait que peu de rapport avec les invités de monsieur Sarkozy à l’Elysée pour la simple raison qu’il s’agissait d’une histoire bien lointaine, si lointaine qu’elle ne concerne même plus nos ambassadeurs. Peut-être ne s’en désintéressent-ils pas, mais du moins elle ne fait plus l’objet de leurs préoccupations.

En effet, cette fabuleuse histoire remonte à l’Antiquité, au temps où nous étions tous sous la domination de dieux, de déesses qui nous subjuguaient par leur pouvoir, leur beauté, leurs fantastiques exploits. Ils nous inspiraient des sentiments d’admiration, de profond respect, parfois de frayeur et souvent de merveilleuses amours.

Eh bien ! Mon histoire est une histoire d’amour assurément qu’aucun de nos gouvernants actuels ne peut feindre d’ignorer puisque nous avons l’honneur, depuis ce 1er Juillet 2008, d’avoir notre Président de la République, Monsieur Sarkozy, à la tête de l’Union à laquelle l’héroïne de mon histoire a donné son nom.

Je vous emmène au Liban, ce beau pays qui m’a donné à moi aussi ce dont toute femme rêve à l’âge de la séduction et que l’on appelle l’amour. Au temps de mon héroïne, son père Agénor était le roi de Tyr sur les rives de la Phénicie. Il avait une fille d’une beauté rayonnante qu’il avait appelée Europe. Elle était si belle que Zeus en tomba amoureux. Or, ce dieu maître de l’univers, qui faisait régner l’ordre, la sagesse, la justice sur le monde avait tous les pouvoirs. Il eut celui de se transformer en un taureau blanc pour enlever Europe et l’emmener en Crète. Là, la légende prétend qu’il l’aima au pied d’un arbre et que depuis, l’arbre n’a jamais perdu ses feuilles.

C’est de cette histoire d’amour que notre vieux continent l’Europe puise ses racines. Il a des liens ancestraux indissociables de la Méditerranée qui lui a tant apporté au fil des ans !

En refermant mon livre sur la mythologie je pense pouvoir dire : Félicitations et bon vent au Sommet de la Méditerranée !

vendredi 4 juillet 2008

La sorcellerie est imprimée dans ma mémoire.

Cela se passait il y a bien longtemps, au temps où notre imprimerie était encore en typo, c’est-à-dire à caractères mobiles.
Nicodème était un jeune typographe de 22 ans. Je l’aimais bien car il était sans histoires, sérieux dans son travail et qu’il avait un certain goût pour la composition. Je lui confiais les faire-part de toutes sortes, les cartes de visite, d’invitation, etc…
La veille de son départ en congé, il vint me dire au revoir dans mon bureau. Il était tout heureux d’aller retrouver sa famille « au village », au Dahomey devenu depuis, le Bénin. Je le chargeai donc de transmettre mes civilités à sa famille ainsi qu’à tout le village comme il était d’usage dans les traditions africaines.
Le temps du congé s’était écoulé quand, deux jours après la date prévue pour la reprise de son travail, je vis Nicodème, de mon bureau, descendre d’un taxi. Il était tout courbé, comme un vieillard et s’appuyait sur un bâton pour marcher à petits pas. Un camarade l’accompagnait. Il venait me demander de le renvoyer dans sa famille car il était très malade et avait peur de mourir loin d’elle. Il sentait son mal s’aggraver de jour en jour. Effectivement, il était méconnaissable. Il avait beaucoup maigri. Ses joues étaient creuses et ses yeux anormalement enfoncés dans leur orbite.
Emue et pleine de compassion pour mon jeune ouvrier si atteint par la maladie, je téléphonai au médecin de notre entreprise qui le reçut aussitôt. Sans hésitation, il diagnostiqua le tétanos. Nicodème allait mourir. Le docteur Faustin me confia alors qu’il ne devrait pas dépasser deux à trois jours. Nicodème, dont la dégradation de santé avait été fulgurante depuis son retour à Abidjan, me suppliait encore de le renvoyer dans sa famille. Il voulait revoir sa mère car il sentait qu’il allait mourir. Je l’emmenai donc à notre agence de voyages mais en dépit de mon insistance, le directeur lui-même refusa de lui délivrer un billet étant donné son état de santé.
Nicodème pleurait. Dans un sursaut d’espoir je l’accompagnai chez notre médecin personnel qui me confirma le diagnostic du docteur Faustin : Je devais faire hospitaliser le malade sur le champ. Nicodème allait mourir.
Je me rendis donc à l’hôpital de Treichville où, moyennant l’enveloppe magique, on lui trouva une des meilleures chambres, bien climatisée. Je quittai donc mon pauvre Nicodème en le priant de guérir bien vite car un gros travail de retour l’attendait. Je revois encore son sourire. Je me suis toujours demandé par la suite s’il exprimait l’espoir, la reconnaissance ou s’il n’était qu’un simple adieu à travers une ultime béatitude.
Dans le taxi qui me reconduisait au Plateau avec son camarade je demandais à ce dernier s’il savait ce qui avait pu se passer pour que Nicodème soit si malade alors qu’il était parti en congé en pleine santé.
- Ah, madame, on lui a jeté un sort !
- Comment ça, un sort ? Pour quelle raison ?
- Ah, madame, il a … il a…
Le camarade était gêné. Il baisait la tête. Nicodème avait dû faire quelque chose de bien grave pour mériter une telle punition. Je poursuivis mon interrogatoire :
- Il a quoi ?
Rapidement, comme pour se débarrasser d’un aveu aussi honteux il répondit :
- Nicodème a « couillé » sa voisine et le mari de la femme qui était fou de rage, lui a jeté un sort avec le sorcier du village.
- Evidemment ce n’était pas bien mais de là à le faire mourir !... Il n’en serait pas mort, lui !...
- Ah ! C’est bien ce que je pense, surtout que la « mousso » elle l’avait bien « guiché ». Faut reconnaître que c’est une beauté, si belle qu’elle vous donne la peau de poule rien qu’à la regarder, mais quand même !
Arrivés à destination, je demandai au camarade de ne pas abandonner Nicodème et de m’en donner des nouvelles à chaque fois qu’il le verrait. Ce qu’il fit. Ses camarades d’atelier allaient aussi le voir souvent.
Le temps passait et Nicodème était toujours vivant. Les deux médecins qui l’avaient examiné avant son hospitalisation n’en revenaient pas. Nicodème devrait être mort depuis plusieurs jours déjà.
Deux mois venaient de s’écouler quand un autre typographe vint m’annoncer le retour de Nicodème à l’imprimerie. Il était parait-il en pleine forme. Sincèrement très heureuse je n’en revenais pas. Sa guérison tenait du miracle !
C’est alors que tous les camarades d’atelier m’expliquèrent qu’ils avaient trouvé dans le quartier d’Adjamé une « sorcière » qui était venue chaque jour à l’hôpital pour le soigner à l’indigénat। Elle y avait magnifiquement réussi car lorsque Nicodème avait repris son travail il avait retrouvé ses bonnes joues d’un jeune homme de 22 ans.

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Avec mon mari nous nous interrogions quant à la maladie de Nicodème. Qu’en était-il du sort jeté par le mari trompé ? Nous en sommes arrivés à conclure qu’il avait certainement empoisonné Nicodème et que la « sorcière » d’Adjamé avait trouvé l’antidote au poison par les décoctions de plantes qu’elle lui faisait absorber.
C’était notre point de vue d’Européens.
Est-ce vraiment celui des Africains ?
J’avoue avoir encore été très troublée par l’exemple d’une poule « ensorcelée » qui a désigné, dans l’imprimerie, l’auteur d’un vol qui n’était autre que « la Blanche », notre secrétaire !
La comptabilité de l’époque comporte une note de débit, prise alors en considération par le fisc et qui indiquait : « Honoraires Marabout : 5.000 Francs ».
Qu’en penseraient les collecteurs d’impôts de France si un marabout les menaçait un jour de les changer tous en poulets ? Je crois, quant à moi, en toute bonne foi, qu’ils auraient intérêt à ne pas le défier…

lundi 9 juin 2008

Les tribulations d'une caissière

Je viens de regarder l’émission présentée par Mme Sophie Davant. Un gros bravo pour « Les tribulations d’une caissière » et … pour l’émission qui donne envie de se procurer le livre sur le champ.
Parmi les réflexions faites à la caissière il en est une qui me rappelle celle faite par un de nos clients alors que je dirigeais l’imprimerie d’une des affaires de mon mari.
Ce jour-là, un client très pressé (comme tous), disons particulièrement pressé, voulait des affiches pour une conférence sur Baudelaire qu’il devait donner au Centre Culturel Français d’Abidjan en Côte d’Ivoire où j’ai vécu durant 50 ans. Ce monsieur, qui venait de France, me donne son texte et devait revenir en fin d’après-midi pour le « Bon à tirer »
Or, une heure plus tard, mon conférencier arrive en trombe, affolé. Il venait de s’apercevoir qu’il avait écrit « Baudelaire » avec une faute soit « Beaudelaire ». Je le rassurai donc en lui disant que j’avais déjà fait la correction et voici sa réponse que je jugeai fort incorrecte : « Tiens donc ! Un imprimeur, ça connaît Baudelaire ? »
J’ai été blessée et n’ai trouvé rien à répondre…